fuseau horaire de référence près de londres

Cartedu quartier de DIFC . LE VOISINAGE. Les expatriés célibataires travaillant dans le secteur de la finance. Vivre au DIFC offre plus qu’une promenade pittoresque, avec un certain nombre de restaurants, salons, galeries d’art et gymnases juste à votre porte.. C’est la vie moderne de la ville avec un rythme effréné toute la semaine Décalagehoraire. Londres se trouve sur le fuseau horaire GMT et vit donc toute l’année avec une heure de retard sur l’Europe de l’Ouest. Quand il est midi à Paris ou à Bruxelles, il est 11 heures à Londres. Et lorsqu’il est midi à Londres, il est 13 heures en Europe de l’Ouest. Langue. La langue officielle du Royaume-Uni est l Ilfaut savoir que l’heure de la Grande-Bretagne est celle sur laquelle est basée l’heure universelle (UTC ou GMT) avec le fuseau horaire 0, celui de référence. D’ailleurs, le Vusur moyenne de greenwich, en anglais greenwich mean time, abrégé en gmt, est l’heure solaire moyenne au méridien de greenwich, méridien d’origine des longitudes, traversant l’observatoire royal de greenwich, près de londres en angleterre. l’heure moyenne de greenwich a servi de référence Référence UTC_40PT_A. Année. 2010. Collection. Octa . Prix HT. 52'700 CHF . Description. OCTA UTC La Collection OCTA dévoile UTC _ Temps Universel Coordonné Créé au 19ème siècle, GMT, le temps moyen de Greenwich, (de l'anglais Greenwich Mean Time) était le temps solaire moyen au méridien de Greenwich traversant l'observatoire Rencontre Avec Joe Black Vf Streaming. La solution à ce puzzle est constituéè de 4 lettres et commence par la lettre A Les solutions ✅ pour DENTELLE AU FUSEAU de mots fléchés et mots croisés. Découvrez les bonnes réponses, synonymes et autres types d'aide pour résoudre chaque puzzle Voici Les Solutions de Mots Croisés pour "DENTELLE AU FUSEAU" 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 Partagez cette question et demandez de l'aide à vos amis! Recommander une réponse ? Connaissez-vous la réponse? profiter de l'occasion pour donner votre contribution! Similaires Par Stella Kirchner Les montres GMT sont au summum de leur popularité, mais quelles sont les marques proposant les meilleurs modèles à deux fuseaux horaires ? Qu’est-ce qu’une montre à double fuseau horaire, également appelée montre GMT ? Avant de nous intéresser de plus près aux montres dotées d’une complication GMT, c’est-à-dire d’un second fuseau horaire, examinons brièvement la signification de ces termes. GMT signifie Greenwich Mean Time » et désigne l’heure solaire telle que définie par le Royal Observatory de Greenwich à Londres. Greenwich a une grande importance dans l’histoire de la navigation et donne son nom au méridien de Greenwich le méridien zéro passe en effet par Greenwich. Les fuseaux horaires sont affichés en GMT plus ou moins un certain nombre d’heures, en fonction de leur position par rapport à Greenwich. Le fuseau horaire GMT est basé sur la rotation de la Terre. Le temps universel coordonné UTC, plus précis, est devenu la norme horaire officielle juste après l’introduction des secondes intercalaires. 1. Rolex GMT-Master Rolex GMT-Master La première Rolex GMT-Master date des années 1950 et serait née d’une coopération avec Pan American Airways, qui aurait demandé à Rolex de concevoir une montre pour son équipage sur les long-courriers. En plus des aiguilles des heures et des minutes classiques, une troisième aiguille est dédiée au second fuseau horaire. Cette aiguille fait le tour du cadran en 24 heures et indique l’heure dans le deuxième fuseau horaire sélectionné à l’aide d’une échelle de 24 heures située la lunette tournante. De nombreuses lunettes GMT de ce type sont bicolores, précisant ainsi s’il fait actuellement jour ou nuit dans la région du second fuseau horaire. De nombreuses variantes de la GMT-Master ont été mises sur le marché au fil des années. De la première Rolex GMT-Master portant le numéro de référence 6542 au modèle le plus récent, la référence 16710 avec cadran bleu/rouge baptisée Rolex Pepsi » par la communauté de fans, un fil rouge est clairement reconnaissable en matière de design. La première version, également connue sous le nom de Pussy Galore », surnom d’une pilote portant cette montre au poignet dans le film Goldfinger de la saga James Bond, possédait une lunette en bakélite. Elle était produite jusqu’en 2007 avec un insert en aluminium, qui a désormais été remplacé par un insert en céramique. À l’origine proposée en noir, elle est actuellement également disponible en noir/bleu et rouge/bleu pour le modèle en or blanc. 2. Patek Philippe Nautilus Travel Time Chronograph 5990/1A-001 Patek Philippe Nautilus Travel Time Chronograph Sorti il y a seulement quelques années, le chronographe automatique Patek Philippe Nautilus Travel Time Chronograph 5990/1A-001 est un clair héritier de la Nautilus originale des années 1970 et est muni d’un double fuseau horaire. Le fuseau horaire par défaut, le fuseau Local », peut être réglé à l’aide de la couronne. Une petite fenêtre située sous la mention Local » permet de distinguer le jour de la nuit. Deux poussoirs situés sur le côté gauche du boîtier en acier inoxydable de 40,5 mm permettent de régler le deuxième fuseau horaire, qui correspond à la mention Home » et est également muni d’un affichage jour/nuit. L’heure du second fuseau horaire est indiquée par une aiguille squelettée pouvant être facilement avancée ou reculée grâce aux poussoirs. Cette Patek Philippe dispose par ailleurs d’une fonction chronographe avec un compteur 60 minutes à 6 h ainsi que d’un affichage de la date sur un cadran auxiliaire à 12 h. La date se règle à l’aide d’un petit poussoir caché sur le côté supérieur droit du boîtier. 3. Jaeger-LeCoultre Grande Reverso Duoface Une autre montre intéressante munie d’un deuxième fuseau horaire est la Jaeger-LeCoultre Grande Reverso Duoface. Présentée pour la première fois en 1931, la Reverso possède l’histoire la plus riche des trois montres présentées dans cet article. Contrairement aux deux modèles précédents, la montre n’affiche pas l’heure du second fuseau horaire grâce à une aiguille supplémentaire mais grâce à un second cadran situé au verso du boîtier. Chaque cadran peut être réglé séparément et affiche un fuseau horaire différent. Il vous suffit de faire pivoter le boîtier d’un côté ou de l’autre pour consulter soit l’heure du pays dans lequel vous vivez, soit l’heure locale. Le recto vous indique l’heure classique avec une petite seconde décentrée à 6 h, tandis que le verso est muni d’un affichage jour/nuit au même emplacement. La Reverso Duoface est proposée dans de nombreuses combinaisons de boîtiers, de matériaux et de bracelets afin de vous permettre de créer un exemplaire unique et à votre goût. Avec ses deux cadrans, la Duoface est également idéale si vous souhaitez avoir l’impression de porter une montre différente lors de certaines occasions. Montre à heure universelle de luxe Patek Philippe Heure Universelle L'Heure Universelle de Patek Philippe dispose de 24 fuseaux horaires que l'on peut régler par simple pression d'un bouton. Abritant un calibre de manufacture, ainsi qu'un boîtier en or et en platine, elle est le compagnon idéal des voyageurs. 5 bonnes raisons d'acheter une Heure Universelle Calibre de manufacture précis indiquant 24 fuseaux horaires Changement de fuseau horaire simplifié grâce au poussoir-correcteur Boîtier en or jaune, or rose, or blanc ou platine Versions avec fonction chronographe et répétition minutes Un investissement qui rapporte 24 fuseaux horaires Avec l'Heure Universelle au poignet, les voyageurs ont constamment un œil sur l'heure qu'il est dans le monde entier. Cette montre est donc particulièrement appréciée des globe-trotteurs. À la différence de modèles tels que la Rolex GMT Master II, la Patek Philippe Heure Universelle ne dispose pas d'aiguille des heures supplémentaire. Pareille aiguille effectue un tour de cadran par jour. Son pas est réglé sur l'échelle graduée sur 24 heures de la lunette tournante. Ce type de construction permet à la montre d'afficher l'heure qu'il est dans un seul fuseau horaire, et non plusieurs. À l'inverse, l'Heure Universelle indique simultanément l'heure qu'il est dans les 24 fuseaux horaires de la planète. Ceci est possible grâce à deux disques mobiles en bordure de cadran. Le disque intérieur affiche une échelle graduée sur 24 heures, tandis que l'autre disque fait apparaître, en écriture italique, le nom des 24 villes correspondant aux fuseaux horaires. Les boîtiers des modèles Heure Universelle - dont les diamètres comprennent entre 36 et 40,2 mm - peuvent être en or jaune, rose ou blanc. Certains modèles sont même en platine. La lunette des modèles pour femmes est sertie de 62 diamants. Prix de la Patek Philippe World Time Numéro de référence Prix approximatif Particularité 5531R 500 000 € répétition minutes, heure universelle, or rose 5131P 149 000 € heure universelle, cadran en émail, platine 5930G 56 000 € chronographe, heure universelle, or blanc 7130G 40 000 € heure universelle, lunette en diamants, or blanc 5230R 33 000 € heure universelle, or rose 5110G 23 000 € heure universelle, or blanc Détails des prix et des modèles Vous êtes à la recherche d'une montre de luxe qui puisse vous suivre dans toutes vos aventures autour du monde ? La Patek Philippe Heure Universelle est la montre qu'il vous faut. Elle vous indiquera non seulement l'heure qu'il est à l'endroit où vous séjournez, mais également n'importe où dans le monde. La montre fait également preuve d'une grande élégance. Les exemplaires référencés 5110 sont les plus abordables de la collection. Ce modèle est sorti en 2000 et le diamètre de son boîtier comprend 37 mm. La version avec boîtier en or blanc vous coûtera environ 23 000 euros à l'état neuf. Les versions en or rose ou en platine coûtent entre 28 000 et 30 000 euros. Le boîtier de la référence 5130 présentée en 2006 s'est quelque peu élargi, il mesure 39,5 mm. Là aussi, les exemplaires sont en or blanc. Les moins onéreux coûtent entre 28 000 et 30 000 euros. Quant aux versions en or rose ou en platine, elles coûtent entre 37 000 et 46 000 euros. Un modèle célébré pour sa beauté la référence 5131. L'intérieur de son cadran est orné d'un motif représentant la Terre en émail depuis la perspective du Pôle Nord. Vous pourrez vous offrir ce bijou en or rose ou en platine pour une dépense comprise entre 100 000 et 149 000 euros. Si vous achetez une version plus ancienne, notez que certains fuseaux horaires peuvent avoir changé. Moscou a par exemple gagné une heure et se rapproche ainsi de l'heure d'Europe centrale. La capitale russe n'est plus qu'à trois heures du Greenwitch Mean Time GMT, contre quatre auparavant. Les noms des villes de référence pour les fuseaux horaires ont également changé. Pour ne donner qu'un exemple, Dubaï a remplacé Riyad. Modèles actuels, chronographes et répétition minutes La version actuelle de l'Heure Universelle porte le numéro de référence 5230 et mesure 38,5 mm de diamètre. Visuellement, elle se différencie légèrement des modèles précédents. D'une part, ses barrettes sont fixées, et d'autre part, les designers de Patek Philippe ont décidé de renoncer au dispositif protège-couronne. Concernant son prix, comptez environ 31 000 euros. Le modèle pour femmes référencé 7130 arborant une lunette sertie de diamants vous coûtera environ 10 000 euros. Vous souhaitez que votre montre Heure Universelle soit également dotée de la fonction chronographe ? La référence 5930 saura vous combler. Pour une Chronographe à Heure Universelle, il faudra compter près de 56 000 euros. Depuis l'année 2018, la référence 5531R est également au programme de Patek Philippe. Il s'agit non seulement d'une montre à heure universelle, mais elle abrite également la répétition minutes. Un mécanisme breveté permet d'indiquer l'heure locale par sonnerie. La montre de 40,2 mm est ornée minutieusement les flancs de la couronne ont été guillochés à la main pour former le décor dit "Clous de Paris", les barrettes sont squelettées et le centre du cadran est pourvu d'une représentation en émail des vignobles en terrasses de Lavaux au bord du lac Léman. Cependant, ce luxe a un prix prévoyez environ une dépense de 500 000 euros. Fonctionnement de la Patek Philippe Heure Universelle Les montres à heure universelle sont inscrites dans la tradition de Patek Philippe. Dans les années 1930, certains modèles de la manufacture genevoise étaient déjà pourvus de cette complication. Comme à l'époque, Patek utilise toujours le design de l'horloger Louis Cottier. C'est de lui qu'est venu l'idée d'entourer l'aiguille centrale indiquant l'heure locale de deux anneaux mobiles tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. L'anneau intérieur arbore une échelle 24 heures, l'anneau extérieur, les 24 villes correspondantes représentant les fuseaux horaires indiqués. Tout en haut, au niveau du marqueur des 12 heures, le disque des 24 heures affiche l'heure locale. Sur le disque des villes juste au-dessus, on lit le nom de la ville correspondante. Parmi elles, Paris, Londres, New York, Moscou, Bangkok, Tokyo ou encore Sydney, mais aussi les Açores dans l'Atlantique ou les îles Marshall dans le Pacifique. S'il est 10 heures du matin à Londres, les disques mobiles de l'Heure Universelle indiqueront automatiquement qu'il est midi au Caire, que la soirée débute à Hong-Kong car il est 18 heures, et que l'on est en train de se lever à Buenos Aires où il est 7 heures. Pour distinguer plus facilement s'il fait jour ou nuit, l'échelle des 24 heures affiche un bleu ciel entre 7 et 18 heures et un bleu nuit entre 19 et 6 heures. Un soleil à midi et une lune à minuit permettent encore de mieux se repérer. C'est en effectuant le tour du monde que l'Heure Universelle révèle sa qualité première son adaptation immédiate à l'heure locale grâce au poussoir-correcteur situé à 10 heures. Il suffit d'appuyer dessus pour que l'aiguille des heures au centre avance d'une heure. Les disques mobiles des villes et des heures avancent simultanément d'un cran, mais dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Appuyez le nombre de fois nécessaires jusqu'à ce que le lieu recherché et l'horaire correspondent à 12 heures. Patek Philippe est le seul fabricant à proposer pareil mécanisme à un poussoir, par le biais duquel l’heure dans les 24 fuseaux horaires s'affiche simultanément et en permanence. La précision chronométrique du calibre à heure universelle 240 HU La Patek Philippe Heure Universelle est équipée du calibre mécanique 240 HU. Il est à remontage automatique et dispose d'une réserve de marche de 48 heures. Son mini-rotor décentré est en or 22 carats. En affichant une précision de -3 à +2 secondes par jour, ce mouvement Patek Philippe répond pleinement aux exigences de la certification chronométrique. Le calibre oscille à 21 600 alternances par heure A/h, soit à une fréquence de 3 Hz. Le 240 HU compte 33 rubis et 8 ponts, et intègre au total 239 pièces. Vous pouvez facilement l'admirer au travers du fond en verre saphir. Patek Philippe l'indépendance depuis le XIXe siècle Patek Philippe existe depuis 1851. L'entreprise est née de l'association d'Antoni Patek 1811-1877, Polonais en exil, et de son homologue français Adrien Philippe 1815-1894. Peu de temps auparavant, Adrien Philippe avait révolutionné l'industrie horlogère en créant la couronne qui vient remplacer la clé de remontoir sur les montres de gousset. En 1851, Patek et Philippe se rendent ensemble à l'Exposition universelle de Londres et y rencontrent une cliente de prestige la reine Victoria leur achète en effet deux montres. D'autres grandes familles bourgeoises européennes viendront compléter la clientèle. Tiffany & Co. commandera également 130 montres pour sa boutique new-yorkaise. Parmi les nombreux brevets déposés par la manufacture Patek Philippe, citons celui du premier double chronographe en 1902 et celui de la première montre-bracelet munie d'un calendrier perpétuel, déposé en 1925. C'est en 1932 que les frères Jean et Charles-Henri Stern reprennent l'entreprise. Jusqu'à cette date, les Stern ne concevaient que les cadrans pour Patek Philippe. En 2009, Thierry Stern remplace son père à la tête de la manufacture. Près de 50 000 montres quittent chaque année les ateliers de production de la marque. Patek Philippe est l'un des derniers fabricants indépendants de montres de luxe, aux côtés de Rolex. La solution à ce puzzle est constituéè de 9 lettres et commence par la lettre G CodyCross Solution ✅ pour FUSEAU HORAIRE DE RÉFÉRENCE PRÈS DE LONDRES de mots fléchés et mots croisés. Découvrez les bonnes réponses, synonymes et autres types d'aide pour résoudre chaque puzzle Voici Les Solutions de CodyCross pour "FUSEAU HORAIRE DE RÉFÉRENCE PRÈS DE LONDRES" CodyCross Inventions Groupe 51 Grille 3 0 1 Partagez cette question et demandez de l'aide à vos amis! Recommander une réponse ? Connaissez-vous la réponse? profiter de l'occasion pour donner votre contribution! CODYCROSS Inventions Solution 51 Groupe 3 Similaires 1La notion d’heure repose sur plusieurs bases d’ordres très différents le point de vue de l’astronomie, avec la succession des jours et des nuits ; les modalités de l’adaptation de notre organisme et de la société aux contraintes du cycle jour-nuit, cycle nycthéméral ; un aspect de pure convention, le découpage du temps en compartiments et leur désignation la numérotation des heures ; la technique de l’horlogerie, avec ses possibilités et ses progrès ; enfin les règlements de la société, la loi, hors laquelle il n’y a pas d’heure légale ». 1 - Walter Zurbuchen, Quelle heure est-il ? », Revue du Vieux Genève, 1976, p. 20-21. 2Dans un lieu donné, midi » désigne le milieu de la journée, à la mi-temps du lever et du coucher du soleil. On a longtemps, en toutes saisons, divisé le jour en 12 heures et la nuit aussi, heures inégales sauf aux équinoxes, mais l’invention des horloges à poids a permis de donner la même durée aux heures du jour et de la nuit heures équinoxiales. D’un midi » au suivant il s’écoule une durée un peu variable, d’environ 24 de nos heures », le jour solaire vrai » ; l’observation du ciel donne l’ heure locale vraie ». Pour ne pas demander aux horlogers de construire des horloges à vitesse variable selon les époques de l’année, on a privilégié un temps moyen » artificiel, établi d’après la moyenne des jours solaires ; la première décision officielle a été prise à Genève le 1er janvier 17801. Il peut y avoir une différence d’une quinzaine de minutes, d’avance ou de retard, entre l’heure du temps moyen et l’heure vraie. C’est l’heure moyenne qui scande notre vie, si nous nous référons au temps des horloges plutôt qu’à la nature. Les inconvénients des heures locales 3Cela aboutissait à une notion d’heure locale rationnelle, commode, mais il y a sur notre planète autant d’heures locales que de longitudes différentes pour aussi innombrables qu’elles soient, elles étaient adaptées à une population sédentaire. Elles sont devenues gênantes avec le développement des communications rapides vers le milieu du xixe siècle. 2 - Sanford Fleming et al., Universal or cosmic time, together with other papers, Toronto, Council of ... 4Une documentation considérable a été publiée sur le sujet par des astronomes et par des spécialistes des transports. Parmi les travaux les plus substantiels2, citons en 1885 celui de Sanford Fleming, chef des voies de communication du Canada, et le livre de Derek Howse 1980, directeur de la navigation et de l’astronomie du National Maritime Museum de Greenwich. 5Il fallait prendre conscience des inconvénients des heures locales, inventer un temps à valeur géographiquement plus étendue, poursuivre au plan national puis international l’uniformisation de l’heure, imaginer une heure standard », trouver les moyens pratiques d’obtenir cette uniformisation, convaincre de son opportunité les personnalités-clés et passer à la réalisation. 6Les médias de cette époque n’avaient pas une diffusion rapide, de sorte que les idées lancées ici ou là pouvaient n’avoir aucun écho immédiat ailleurs. Cependant, une fois les problèmes résolus tout paraît aller de soi ; pour l’usager, les horaires des chemins de fer sont des données évidentes de la vie courante. On regrette d’autant plus, ici, la nécessité d’être bref pour rendre compte de la diversité des questions soulevées, techniques et humaines. 7Depuis le XVIIIe siècle et le travail de mécanique horlogère de Pierre Le Roy, Ferdinand Berthoud et John Harrison, les marins, pour faire le point en mer, emportaient des chronomètres garde-temps, qui leur fournissaient en permanence l’heure d’une localité du globe aux coordonnées astronomiques bien déterminées. Ils voyageaient avec, par exemple, l’heure de Paris, de Cadix ou de Greenwich dans leur matériel de navigation. On a aussi proposé de transporter l’heure » au cours de trajets terrestres, mais l’objectif était différent ; dès 1840, en effet, le capitaine Basil Hall 1788-1884 eut l’idée de faire marquer par tous les bureaux de poste britanniques la même heure, qui serait donnée par des chronomètres apportés de Londres par la malle-poste. En 1842, un rapport était publié, sur la proposition du météorologiste Follett Osler, demandant l’instauration d’une heure commune pour toute la Grande-Bretagne. Ce fut presque réalisé en une décennie. 8L’époque des diligences céda la place à l’ère des chemins de fer. À moins de circuler selon des arcs de méridiens, les trains passaient par des stations dont les heures locales étaient différentes les unes des autres. Or ils fonctionnaient avec des horaires réguliers les responsables de la marche de chaque train devaient savoir à quelle heure il fallait arriver à tel ou tel endroit ; la situation risquait d’être intenable on régla chaque ligne en fonction de l’heure d’une seule localité, celle d’un terminus ; en France, ce fut l’heure de Paris. Cela n’annulait pas la dualité avec l’heure, locale, utilisée par le voyageur montant dans le train. 9Comment s’organiser par rapport à cette dualité ? Le cas de l’Allemagne présente un intérêt particulier, du fait du nombre des États qui composaient cet empire. Les heures locales des diverses métropoles Berlin, Dresde, Cologne, etc. servaient d’heures régulatrices pour les diverses lignes de chemins de fer. On unifia les choses pour toute l’Allemagne du Nord et l’Elsass-Lothringen ; cependant le règlement du 4 janvier 1875 exigeait que chaque station ait une horloge réglée sur l’heure locale et que les guides horaires destinés au public donnent l’heure locale de chacune des localités desservies ; à en croire les horaires annoncés, il fallait près d’une heure de plus pour aller de Cologne à Berlin que de Berlin à Cologne les longitudes en étaient la cause. Les conducteurs de trains n’avaient pas à connaître le temps local, ils se guidaient d’après leurs propres chronomètres, en se conformant aux horaires de service établis pour eux, différents des horaires destinés au public. 10Dans presque toute l’Europe, les compagnies ont pris pour heure normale celle de la capitale. Toutefois, la Suède, à la capitale trop excentrique, se régla sur le méridien de 15° à l’est de Greenwich, une heure ronde de décalage, comme par prémonition des fuseaux horaires ; la Bavière, à l’aire disjointe, prit l’heure de Ludwigshafen et celle de Munich ; l’Italie se réglait sur Turin, Florence, etc. ; l’Autriche-Hongrie et la Russie avaient de multiples références horaires. Ces heures centralisées ne concernaient d’abord que les chemins de fer, mais le rôle croissant de ces derniers dans la vie de la société provoqua partout les mêmes nécessités qu’en Grande-Bretagne ; les divers États européens unifièrent peu à peu les heures de leur vie civile en les calquant sur celle de la gare. Il ne s’agissait pas toujours d’heure légale » ; ce n’était pas toujours la loi qui définissait l’heure, mais bien les astronomes, en scrutant le ciel, même si une somme d’initiatives locales se traduisait par quelques coups de pouce. Vers l’unification des heures les heures nationales 3 - Suzanne Débarbat, 1891. L’heure de Paris devient l’heure nationale », Célébrations nationales, ... 11Pour unifier l’heure, il faut pouvoir la transmettre, si possible sans devoir transporter les horloges elles-mêmes. Suzanne Débarbat rappelle que l’amiral Ernest Mouchez, à l’Observatoire de Paris, pouvait envoyer l’heure par le télégraphe devenu électrique et aussi par la synchronisation directe3. Cela permit l’unification de l’heure dans Paris 1881. 12Ce sont bien les chemins de fer de France qui nous intéressent ici spécialement, mais les lignes de tous les pays étaient tributaires les unes des autres. 13En opposition au système, compliqué, qui s’est développé en Allemagne, les compagnies britanniques avaient commencé, dès novembre 1840, de mettre les horloges des gares à l’heure de Londres et de chiffrer les horaires des trains par rapport au temps de Londres. En 1847 un organisme de coordination des chemins de fer recommandait de prendre en compte l’heure de l’Observatoire royal voisin, Greenwich ; la différence était de 23 secondes. 14Dans toutes les localités où les trains s’arrêtaient, régnait, bien sûr, une heure locale, censée être celle de la vie ordinaire des gens ; on y ajoutait l’heure de la gare, celle des trains, qui était l’heure de Greenwich. Mais les habitants prirent l’habitude de se référer à l’heure de la gare pour la vie civile. Howse signale que quelques villes occidentales de la Grande-Bretagne, éloignées du méridien de Greenwich, conservèrent leurs heures locales plus longtemps que les autres ; mais il affirme qu’en 1855 98 % des horloges publiques britanniques étaient à l’heure de Greenwich. 15En France, cette évolution, initialement provoquée par les besoins des chemins de fer, conduisait vers l’uniformité de la notation du temps, d’une longitude à l’autre, pour l’ensemble de la société. L’Observatoire de Paris diffusa l’heure parisienne à Rouen 1880, au Havre un an plus tard, puis à La Rochelle, Nancy, etc. ; à Besançon un observatoire déterminait l’heure locale, mais depuis le 1er janvier 1890 la municipalité lui demanda de donner l’heure du méridien de Paris, pour régler les horloges publiques de la ville sur l’heure nationale » les Bisontins appelaient ainsi l’heure des chemins de fer. L’heure de Rouen 4 - Louis DE Busschère, Note sur la situation actuelle de l’unification des heures », Bulletin de l ... 16Jusqu’en 1891 la situation en France ressemblait à ce qui se passait initialement en Grande-Bretagne ; il y avait l’heure locale et l’heure de la gare, qui était celle du temps moyen de la capitale. On voyait ces deux heures sur les cadrans extérieurs des gares et dans les cours et salles de départ. Mais on connaît la plaisanterie qui trop embrasse manque le train » les voyageurs habitués aux diligences avaient peut-être la hantise des horaires minutés des trains ; en fait, ils avaient tendance à arriver en avance, comme aujourd’hui dans les aéroports ; quant aux responsables des chemins de fer, afin d’éviter d’éventuelles réclamations des voyageurs, ils introduisirent un perfectionnement supplémentaire, pour aider les voyageurs à ne pas manquer le train » on mit tous les trains en retard par rapport aux horaires annoncés4 ; sur les trottoirs de départ, on lisait une troisième heure », en retard par rapport à l’heure officielle de la gare » et sur laquelle les trains se réglaient effectivement. Au début ce décalage était de 3 minutes dans le réseau du Nord et de 5 dans les autres ; en 1887 on unifia le retard à 5 minutes pour tous les réseaux ; en Belgique, il était de 5, 7 ou 10 minutes. Louis De Busschère 1891 cite Wilhem de Nordling, pour qui ce décalage était destiné à donner des jambes aux voyageurs attardés ». 17Ainsi donc, les chemins de fer, en France, étaient réglés non pas sur les heures locales de la vie de tout le monde, ni sur l’heure de la gare », heure de Paris généralisée, mais sur le méridien situé à 5 minutes de retard de temps, soit 1°15’ de longitude ouest de Paris, le méridien de Rouen. Pour une localité donnée, le départ d’un même train se faisait à trois heures nominales différentes. Joseph Rocca soulignait que l’heure de Rouen réglait le plus important des services publics. Cette particularité française fut supprimée le 11 mars 1911. 5 - Charles Lallemand, L’unification des heures et le système des fuseaux horaires », Revue scienti ... 18Entre ces diverses mesures et la promulgation de l’heure légale, des avancées essentielles se sont déroulées en Amérique, grâce aux Américains du Nord, avec leur admirable sens pratique de Business’ men »5. Le système américain 6 - Wilhem de Nordling, L’unification des heures », Revue générale des chemins de fer, avril 1888, ... 19En Amérique du Nord, jusqu’en 1884 les horaires des trains étaient établis, comme initialement en Europe, d’après l’heure locale de la ville la plus importante de la ligne ou d’une ville terminus. Dans une même salle de gare, plusieurs horloges indiquaient des heures différentes selon les lignes concernées, en plus de l’heure locale que le voyageur avait peut-être sur sa montre. Les quelque 75 heures locales utilisées dans l’ensemble des États-Unis rendaient compliquée la consultation des guides des chemin de fer. Le chef de gare doit chiffrer différemment le départ d’un même train s’il s’adresse au personnel du train ou au personnel de la gare ou au public6. 7 - Wilhem de Nordling, L’unification des heures », Bulletin de la société de géographie, série 7, ... 8 - Louis DE Busschère, art. cité. 20Qui a inventé le système des fuseaux horaires et de l’heure standard ? Pour Nordling 1890, Il serait difficile de dire qui en a eu la première idée, tant elle est naturelle, mais il est certain que ce sont les Américains qui, les premiers, l’ont appliqué en grand [...] »7. Pour Allen 1884, cité par Louis De Busschère 1890 almost every city in the country has recently discovered that within its borders dwelt the Father of standard time8. » En fait, des propositions concernant l’heure ont été émises par une dizaine d’auteurs, si ce n’est plus. Selon Nordling 1890 l’auteur principal du système » aurait été Sandford Fleming, alors ingénieur en chef du chemin de fer Transcontinental du Canada ». Mais depuis longtemps personne ne conteste plus que la priorité revienne à Charles Ferdinand Dowd qui, lui, n’était pas un cheminot, ce qui pouvait nuire à son image auprès des professionnels et à son aptitude à les convaincre. 9 - Charles Ferdinand Dowd, System of national time for rail-roads; a specimen table and a time gazet ... 21La ville de Saratoga Springs, dans l’État de New York, se targue d’être celle où Dowd a inventé l’heure standard et les fuseaux horaires9. Dowd était né à Madison Connecticut le 25 avril 1825 ; il avait obtenu en 1853 un PhD de théologie à l’Université Yale, à New Haven, ce qui lui valait le titre de Doctor ou de Reverend. C’était un Presbyterium clergyman ». 10 - Wall Street daily News November 16, 1904, Charles Ferdinand Dowd. » 22De 1865 à 1898, il dirigeait une école pour jeunes filles, le Temple Grove Ladies Seminary, remplacé actuellement par le Skidmore College. Après une vie largement consacrée à rendre service aux chemins de fer, il mourut le 12 novembre 1904, ingrate fatalité ferroviaire, sous les roues d’une locomotive à un passage à niveau de Saratoga Springs10. 23Il n’y avait aucun lien entre la profession de Dowd et son intérêt pour les problèmes de la désignation de l’heure, mais c’était un homme d’ordre. Il savait que les chemins de fer anglais étaient réglés d’après une heure unique, celle de la capitale ou plutôt celle de l’Observatoire de Greenwich. Il pensait que cela n’était pas réalisable aux États-Unis à cause des distances trop grandes à peu près quatre heures de différence entre les heures locales des deux côtes océaniques du pays. Il eut l’idée d’une division selon des méridiens, en quatre sections qui différeraient l’une de l’autre de 15° de longitude et seraient décalées d’une heure ronde ; les horloges réglant les horaires des trains de tous les États-Unis marqueraient toutes la même minute. 24Il présenta son idée en octobre 1869 à une assemblée de responsables des Trunk Lines » à New York. Le comité de cette assemblée approuva le principe, mais demanda comment cela pourrait se réaliser en détail. À l’automne de 1870, Dowd publia une brochure donnant la correction des heures locales de plus de 8 000 localités et une carte représentant les zones horaires qu’il préconisait. L’ensemble était rapporté, comme cela avait été le cas en Angleterre, à une longitude nationale, en l’occurrence celle de Washington. Les Trunk Lines ne le prirent pas en considération. 25Dowd multiplia les interventions auprès des autres organisations. Le comité d’Atlanta, en Géorgie, proposa de remplacer la référence de Washington par New York ; cela entraînait un décalage de 3° de longitude des méridiens repères, soit 12 minutes de temps dans les décalages des heures nominales, et c’était plus commode pour certaines sections. Mais pour des raisons d’universalisme Dowd ne souhaitait pas abandonner un méridien national au profit d’un méridien local ; par ailleurs New York est à 74° 1’ de longitude ouest par rapport à Greenwich ; Dowd aimait mieux se référer au chiffre rond, au 75e méridien à l’ouest de Greenwich, soit moins de 4 minutes de temps par rapport à New York ; ce choix heurtait les ressentiments des Américains à l’égard de leur ancienne métropole, mais il avait l’avantage de tout rapporter au système de méridiens adopté par la marine américaine. Dowd continua ses démarches sur ces bases. 26Les responsables des sociétés ferroviaires tergiversaient, notant que beaucoup de voyageurs ne faisaient que de courts trajets. Ils penchaient pour une adoption ligne par ligne, chaque compagnie agissant librement. Dowd chercha à convaincre les entreprises une par une. Le problème commençait d’ailleurs à être dans l’air du temps. Ainsi, en 1879, Sanford Fleming adressait à l’Académie de Toronto un mémoire proposant d’une part comme méridien initial celui du détroit de Bering et d’autre part la division du globe en 24 fuseaux de 15° chacun en longitude. En mai 1879, intervint la Metrological Society il y eut un comité de l’heure standard, présidé par Cleveland Abbé, qui étudia le sujet. D’un autre côté, l’American Railway Association confia la question à son secrétaire, William F. Allen, l’éditeur du Travelers Official Railway Guide, qui présenta son rapport à Saint Louis en avril 1883 ; il proposait le système de Dowd. 27La General Time Convention groupait les délégués de 35 réseaux du Canada et du Nord des États-Unis. Elle se réunissait deux fois par an. En avril 1883, à Saint Louis, elle étudia longuement la question. Le 11 octobre 1883, à Chicago, elle décida l’adoption des fuseaux horaires, réglés sur Greenwich, qui entrèrent en vigueur le 18 novembre. Le 17 octobre, à New York, la Southern Time Convention concernant 34 compagnies des États du Sud prit la même décision, qui fut appliquée le 20 novembre. 11 - Louis DE Busschère, art. cité. 28Il s’agissait de la dénomination des heures, à l’usage des chemins de fer seulement. Cela ne changeait rien ni à la réalité des horaires des trains, ni à la vie courante des personnes. Cependant les Nord-Américains adoptèrent très vite l’heure de leur fuseau, l’heure des chemins de fer, à la place des heures locales, pour l’ensemble de la vie civile. Quatre mois après les décisions des compagnies, le 9 avril 1884 William F. Allen affirmait que 90 % des Américains avaient abandonné leurs heures locales11. Depuis le 14 mars 1884, de par la loi, Washington était à l’heure du méridien 75° ouest de Greenwich. La conférence de Washington 29L’Europe ne se préoccupait pas des débats ferroviaires américains, mais les astronomes et les géodésiens souhaitaient unifier leurs notations horaires et celles des longitudes. L’association géodésique tint sa 7e conférence à Rome le 15 octobre 1883 ; elle optait pour Greenwich comme méridien origine et pour une heure qui serait celle de Greenwich comptée de 0 à 24 avec 0 à minuit moyen. Ces recommandations, d’ordre scientifique, ne concernaient pas la vie sociale, mais la conférence souhaitait que l’heure de Greenwich soit utilisée par le service intérieur des chemins de fer et par les postes et télégraphes ; elle souhaitait un accord international. 12 - Jules Janssen, Notice sur le méridien et l’heure universels », Annuaire du bureau des longitude ... 30Retour en Amérique. Le gouvernement des États-Unis provoqua la réunion à Washington d’un congrès diplomatique et scientifique, qui se tint du 1er octobre au 1er novembre 1884 à Washington, en vue d’une entente sur ces questions12. La France était représentée à l’International Meridian Conference par un ministre plénipotentiaire et par l’astronome Jules Janssen, qui souhaitait l’adoption non pas du méridien de Paris, rêve utopique, ni surtout de celui de Greenwich, abhorré, mais d’un méridien neutre, vers les Açores ou le détroit de Bering. Cela aurait conduit à réajuster les habitudes de tous les marins du monde et à rectifier toutes les cartes existantes. 31Or, coïncidence étonnante, la General Time Convention » des chemins de fer se réunissait au même moment à Philadelphie. Le 9 octobre 1884, elle votait une motion informant la conférence internationale des méridiens réunie à Washington que le système basé sur l’heure des méridiens de 75, 90, 105 et 120° de longitude ouest de Greenwich était entièrement satisfaisant et qu’il serait inopportun d’adopter un autre méridien initial. Allen lui-même était parmi les délégués des États-Unis à la Conférence de Washington. C’est donc à Washington que les délégués européens en tout cas les Français apprirent l’invention géniale des fuseaux horaires, compromis idéal entre l’heure universelle et les heures locales en Amérique, sa réalisation était un fait accompli, avec quatre fuseaux en usage. 32Pour revenir au programme de la conférence, des votes à de très fortes majorités approuvèrent d’abord l’idée d’un méridien initial unique, puis que ce soit celui du centre de l’instrument méridien de l’Observatoire de Greenwich, que les longitudes soient comptées à partir de ce méridien, que le jour universel soit un jour solaire moyen commençant à minuit moyen du premier méridien au moment du début du jour civil et du changement de date sur ce méridien, et que le jour soit compté de 0 à 24 heures. Enfin les délégués français, sûrs de la haute valeur de ce que la France avait apporté à l’humanité, souhaitaient la généralisation du système décimal aux angles et aux longitudes ; la conférence se contenta de demander qu’on reprenne les études dans ce sens. La conférence n’avait pas pouvoir de décision ; elle n’a pas été suivie d’un accord international officiel. Par ailleurs la question des fuseaux horaires, évoquée au cours des séances, n’apparaît pas dans les conclusions, mais elle relevait de l’évidence et les débats ne portaient plus que sur la désignation des 24 fuseaux numéros, lettres ou termes géographiques. Vers la généralisation des fuseaux horaires 13 - Charles Lallemand, L’heure légale et les fuseaux horaires », Revue scientifique, 16 avril 1898, ... 33Après la conférence de Washington, il paraissait logique d’adapter à l’Europe le système américain »13. La Grande-Bretagne réglait déjà ses chemins de fer et sa vie courante sur l’heure de Greenwich ; elle n’avait qu’à maintenir le statu quo. La Suède était, par avance, déjà réglée sur le fuseau de l’Europe centrale. Les autres États avaient chacun une heure nationale ; il s’agissait non seulement de l’abandonner, mais que ce soit au profit, si l’on peut dire, de l’heure d’un autre État, qui passait pour arrogant Rule, Britannia the World ». 34En 1888, Nordling signalait que le Bureau des longitudes préparait un projet de loi visant à remplacer dans toute la France le temps moyen local, en vigueur à l’époque, par l’heure de Paris ; cela ferait disparaître la différence entre l’heure civile usuelle, c’est-à-dire la multitude des heures locales, et l’heure officielle des chemins de fer. La loi fut votée. 14 - Louis DE Busschère, art. cité, 1891. 15 - Anatole Bouquet de La Grye, L’heure nationale », Revue scientifique, 7 mai 1898, p. 579-581. 35La France n’avait pas eu d’heure légale » avant la loi du 14 mars 1891 qui faisait état du seul méridien de Paris. Quelque six ans après la Conférence de Washington, cela ressemblait un peu à une provocation chauvine, mais restons positifs. Cette loi, écrit L. De Busschère, démontre le besoin qu’en France comme ailleurs on éprouve d’unifier l’heure de la vie civile avec celle des chemins de fer14. » La loi officialisait comme heure légale l’heure de la gare » qui était déjà celle de presque toute la France. Néanmoins, la circulation réelle des trains restait en retard de cinq minutes par rapport à celle-ci ; ils continuaient de rouler à l’heure du méridien de Rouen. Mais on parlait de plus en plus de l’heure de Greenwich. Pour l’hydrographe Anatole Bouquet de la Grye, la préférence pour Greenwich au lieu de Paris était, en fin de compte, une courbette devant la richesse commerciale de la Grande-Bretagne. C’était une inclinaison devant le veau d’or »15. 16 - Jules Janssen, La question du choix d’un méridien initial », Bulletin de la société astronomiqu ... 36Il y avait un peu plus de neuf minutes de différence entre l’heure française et celle de Greenwich ; cela entraînait la même différence avec le temps des États voisins ralliés au système des fuseaux horaires. Janssen soulignait en 1897 que l’emploi de montres réglées sur le méridien de Paris ne cause aucune gêne aux voyageurs qui traversent notre frontière [...] les neuf minutes de différence [...] ne font que lui donner une légère avance »16. On pouvait soutenir que c’était négligeable, surtout si l’on tenait compte, dans l’autre sens, des cinq minutes de retard des horaires des trains et, aussi, de la fourchette de l’imprécision des montres de l’époque. 37Les 9 et 10 décembre 1896 se tenait une conférence européenne au cours de laquelle l’administration des chemins de fer belges proposa que les chemins de fer français augmentent le retard des trains et le portent à 9 minutes ; à 21 secondes près, on aurait mis les trains français non pas à l’heure de Rouen mais à celle de Greenwich ; cela ne se fit pas. 17 - Giuseppe Rocca, Les fuseaux horaires en Europe », Bulletin de la commission internationale du c ... 38Depuis 1874, dans l’Empire allemand, aux multiples États, on établissait d’abord des horaires d’après l’heure de Berlin, puis on les traduisait, si l’on peut dire, dans les diverses heures locales. Cela n’entraînait pas d’erreurs, comme on aurait pu le craindre, mais ces complications n’étaient pas raisonnables. Le 8 octobre 1889 se réunissait le Verein für Eisenbahnkunde, qui souhaitait une heure normale pour le service intérieur et extérieur des chemins de fer, réglée sur le méridien situé à 15° à l’est de celui de Greenwich. Le Verein émit le vœu que cela se généralise à l’ensemble de la vie civile de l’Empire, comme rappelait-il, en Angleterre, Suède, Amérique du Nord, et au Japon ; mais il fut ensuite décidé que la réforme n’aurait pas lieu avant que la vie civile se soit conformée à cette manière de compter le temps. La Prusse inaugura l’adhésion au système des fuseaux horaires, pour le service intérieur des chemins de fer, le 1er juin 189117. 39C’est le 1er avril 1893 que l’heure régulatrice liée au deuxième fuseau fut adoptée pour tous les usages de la vie publique et privée dans l’Allemagne entière ainsi que l’Autriche-Hongrie heure de l’Europe centrale, ce que nous appellerions aujourd’hui l’heure UTC +1. L’Allemagne avait une très grande étendue en longitude ; la réforme des heures simplifiait l’organisation des chemins de fer ; elle apportait un effet secondaire inattendu on a constaté que la différence entre heure légale, nouvelle, et heure locale, ancienne, s’accompagnait de nettes différences dans la consommation de gaz, augmentée à l’ouest de l’Allemagne, où la nouvelle heure officielle retardait celle de la vie civile, diminuée à l’est, là où l’heure nouvelle avançait la vie civile. L’adoption de l’heure d’un fuseau pouvait passer pour de pure forme, mais elle avait des conséquences sur les dépenses d’énergie. Dès 1906, le Hollandais Hubrecht proposait que certains États choisissent leur méridien de référence en fonction des conséquences économiques de leur choix. N’insistons pas sur cette découverte, dont les chemins de fer étaient les responsables, mais dont ils n’avaient pas à se préoccuper. 40Tous les pays, les uns après les autres, se mirent à l’heure de Greenwich décalée d’un nombre entier d’heures. La France allait-elle le faire elle aussi ? Comme nous avions une heure légale » depuis 1891, il fallait une décision du législateur lui-même pour en changer. Un député, Gabriel Deville, fit en 1896 une proposition de loi pour régler l’heure sur le méridien de Greenwich. Repoussée. Une autre proposition fut faite en 1898 par le député Boudenoot, demandant que l’heure légale soit celle de Paris retardée de 9 minutes et 21 secondes ; sous cette forme enveloppée, la proposition n’engendra aucune discussion à la Chambre des députés ; l’urgence fut décidée, urgence » dérisoire il s’écoula plus de treize années d’hésitations avant que la loi soit promulguée le 9 mars 1911. La loi annonçant le ralliement masqué à l’heure de Greenwich, retardant l’heure légale de 9 minutes et 21 secondes par rapport au méridien de Paris, s’accompagnait d’un arrêté du sous-secrétaire d’État aux Postes et Télégraphes sur la proposition du directeur de l’exploitation télégraphique » ; le texte d’application aux chemins de fer de l’État figure dans le même numéro du Journal officiel du 9 mars 1911, p. 1873, mais, différence de statut, dans la rubrique informations » de la partie non administrative du ; le texte fait état de la nouvelle loi et annonce que à partir de cette même date la différence de cinq minutes qui existe entre les horloges intérieures et extérieures des gares sera supprimée [...] les horloges extérieures seront retardées de neuf minutes et les horloges intérieures de quatre minutes ». Les chemins de fer affectent d’ignorer les durées plus courtes que la minute. 41L’heure légale de la France était presque identique à celle de nos voisins ; il s’en fallait de quelques centièmes de seconde, négligeables pour la vie courante et pour les horaires des trains. Cela a duré jusqu’à la loi de 1977 qui définit l’heure légale d’après l’heure UTC ». La loi française n’a jamais mentionné le nom détesté de Greenwich. L’honneur national est sauf, et les responsables des chemins de fer ont obtenu l’unification de la notation du temps. 24 heures ? ou 12 et 12 ? 42Une autre question de temps » intéressait directement les chemins de fer. La tradition était de compter jusqu’à 12 les 12 heures avant midi ainsi que les 12 heures après midi. Les administrations françaises disaient du matin » et du soir » ; les télégrammes, en France, portaient, après l’heure du départ, la lettre M matin ou S soir, et de même les cachets postaux. Les anglophones disent ante ou post meridiem, ce qu’ils abrègent en » ou », sans toujours savoir quels sont les mots ainsi raccourcis. Il y a là une petite complication pour la vie courante et pour les communications. C’est le royaume de Sardaigne qui fut le premier, en 1859, a imposer, dans les télégrammes, un décompte en une série unique de 24 heures. Pour les chemins de fer, l’indication des deux sortes d’heures, d’avant et d’après midi, était matérialisée de manière variée selon les guides horaires par exemple par des caractères différents, mais les confusions étaient possibles. 18 - L. Scolari et Giuseppe Rocca, Exposé de la question du cadran de 24 heures article XV de la ci ... 43La conférence de Washington de 1884 avait recommandé que l’heure universelle soit comptée de 0 à 24. Cela concernait les gens de sciences. Ce n’était pas dans les habitudes du public. La question se posait pour les chemins de fer. Or si le citoyen continuait à toujours lire et énoncer les heures jusqu’à 12, pouvait-on lui demander de comprendre de manière immédiate des indications de 12 à 24 ? La première objection provient, suivant Rocca, de l’antipathie prononcée du public pour toute nouveauté qui vient froisser ses habitudes et détruire ses préjugés. C’est là qu’on doit trouver la cause des difficultés rencontrées par toutes les réformes ». On sait en effet qu’il est particulièrement difficile de s’adapter à un nouveau système d’unités, de décomptes, et pas seulement en matière monétaire. Rocca, rappelle d’après Houzeau qu’il fallut plusieurs siècles pour arriver à l’uniformité des heures diurnes et nocturnes, plus d’un demi-siècle pour la généralisation de l’usage du temps moyen préconisé par Genève en 1780. Les débats se sont déroulés sur un ton paisible, sans polémique. Est-il possible que la nouvelle notation soit comprise du public, si elle n’est pas d’abord étendue à la vie ordinaire ? Il faudrait contraindre les usagers, quand ils consultent les horaires, à faire une opération arithmétique pour se rendre compte de l’équivalence des heures. Et Rocca de dire que celui qui est capable de déchiffrer un horaire des trains donne déjà la preuve d’une intelligence supérieure à celle qui est nécessaire pour faire mentalement une soustraction moins douze »18. 44Robertson, de l’East Indian Railway, insiste sur le fait qu’aux Indes anglaises, on a adopté la nouvelle notation sans que cela n’ait apporté aucune perturbation, ni auprès des Anglais arrivant aux Indes et y trouvant un système nouveau pour eux, ni pour les autochtones, voyageurs ou employés. Il est clair, dit-il, qu’un homme qui ne serait pas capable de supputer le résultat de 2 fois 12, ne serait pas apte au service du chemin de fer ». Il ajoute que celui qui dirait que le pays au nom duquel il parlerait ne parviendrait pas à adopter les 24 heures, attribuerait à ses compatriotes une intelligence inférieure à celle des indigènes des Indes orientales. Quant à l’opportunité du système, Robertson admettait qu’il n’est pas indispensable d’inviter quelqu’un à dîner à 20 heures » parce que pour une invitation à dîner, 8 heures du soir » ne peut pas être confondu avec 8 heures du matin ». Cependant un ingénieur anglais lui a dit avoir manqué un train parce qu’il avait confondu 7 heures du matin avec 7 heures du soir. 45Il se posait aussi la question du cadran lui-même des horloges ; nos cadrans étaient et sont encore divisés en 12 et non en 24. On a envisagé une irréaliste modification technique, en construisant des horloges dont la petite aiguille faisait un tour par 24 heures, mais les nombres, trop rapprochés, étaient peu lisibles. Il était plus simple d’inscrire sur le cadran deux séries de nombres, l’une allant jusqu’à 12 et l’autre de 12 à 24. Quant aux sonneries, pour éviter le comptage fastidieux des 24 coups de minuit, on a proposé de faire sonner successivement le premier chiffre puis le second ; 2+4 » signifierait 24 », mais comment représenter le zéro ? Finalement, toutes les horloges sont restées au système 12 », pour les cadrans comme pour les sonneries. 46Une autre objection était soulevée contre le système 24 », c’était la prononciation du nom des heures toutes les heures post meridiem se trouvent dotées de noms plus longs que les heures ante meridiem. C’est un vrai inconvénient, partiellement compensé par la suppression de la mention matin ou soir, réalisée en France dans les indicateurs de 1913. La décimalisation du temps et les problèmes de minutes 47Adapter la mesure du temps au système décimal est une idée qui apparaît de temps en temps. La Convention nationale avait décidé en 1793 de diviser le jour en 10 heures au lieu de 24, divisées en 100 minutes de 100 secondes. Le système a fait long feu. Actuellement, seuls les chronobiologistes, peut-être, notent les fractions de jour en chiffres décimaux après la virgule. C’est pourtant de manière tout à fait banale qu’on divise la seconde de temps en dixièmes, centièmes, etc., de seconde. 19 - C. J. Van Mierlo, L’heure décimale, comparaison des divers systèmes proposés », Bulletin de la ... 20 - Giuseppe Rocca, L’heure décimale, le méridien initial et les fuseaux horaires », Bulletin de la ... 48Une autre forme de décimalisation a été proposée en septembre 1897, qui pouvait concerner les chemins de fer. Une commission a été constituée à l’initiative du ministère français de l’Instruction publique, pour étudier la décimalisation du temps et de la circonférence. On a envisagé de faire commencer le système à partir de notre heure duodécimale actuelle, qui serait divisée en 100 minutes de 100 secondes19. D’après Giuseppe Rocca cela aurait un certain intérêt pour les chemins de fer, en facilitant les calculs de durée des parcours, de vitesse des trains, etc. Un autre avantage serait de faire des minutes » plus courtes, qui dureraient seulement 36 de nos secondes habituelles, sexagésimales les horaires des trains étant établis en nombres entiers de minutes, cela donnerait plus de souplesse au choix de la durée des arrêts. Mais il faudrait refaire les mécanismes des horloges et des montres, et d’autre part les cadrans seraient d’une lecture plus difficile. Rocca concluait que les chemins de fer ne s’opposeraient pas à cette réforme, mais qu’ils l’accepteraient sans aucun enthousiasme20. 49Une unité de temps se rapproche parfois de la minute ; c’est l’instant », dont la durée, brève, dépend du contexte. Dans les annonces orales des trains, lorsque le prochain arrêt est prévu pour dans quelques instants », il s’agit de deux ou trois minutes ; si nous supposons qu’ici quelques » signifie quatre ou cinq », on peut estimer que l’instant » de la SNCF dure à peu près une bonne demi-minute... Conclusion 50La mesure du temps est fondamentalement l’affaire des astronomes ; la vie en société a conduit à officialiser la compartimentation du temps, telle que nous la connaissons. Mais ce sont les communications rapides qui ont conduit à normaliser, à unifier, notre repérage dans le temps, et finalement à faire intervenir la loi dans la régulation temporelle de la société. 51L’heure UTC, les horloges à affichage numérique, etc., représentent des aspects du progrès scientifique et technique, mais cela ne doit pas faire oublier que les fuseaux horaires, notre heure légale, le décompte des 24 heures, nous les devons essentiellement aux chemins de fer.

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